Generali France met en avant Vertessima, un nouveau fonds en euros d’assurance-vie appliquant une exclusion stricte des énergies fossiles. Le signal est intéressant pour les professionnels de l’assurance : il combine la sécurité recherchée du fonds en euros, l’argument de finance durable et une distribution d’abord orientée vers des acteurs digitaux, avant un déploiement annoncé auprès d’autres réseaux.
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Ce que Generali annonce avec Vertessima
Selon son espace presse, Generali France présente Vertessima comme un fonds en euros visant à concilier garantie en capital hors frais de gestion, politique d’investissement durable et transparence renforcée. Le support exclut notamment les énergies fossiles, y compris le développement de nouveaux projets et capacités dans le charbon, le pétrole et le gaz.
Le fonds est annoncé comme relevant de l’article 8 du règlement européen SFDR, qui encadre les produits promouvant des caractéristiques environnementales ou sociales. Generali met également en avant l’intégration de critères ESG dans les décisions d’investissement, des exclusions complémentaires et un reporting régulier sur les engagements et les activités financées.
Autre élément commercial important : le communiqué précise un taux de participation aux bénéfices garanti de 3 % nets minimum au titre de 2026 et 2027, sous conditions, pour les souscriptions et versements entrant dans le cadre défini par l’assureur.
Une distribution d’abord digitale, puis élargie aux réseaux
Vertessima est d’abord disponible dans les contrats d’assurance-vie distribués par Goodvest et Green-Got, deux acteurs positionnés sur l’épargne responsable. Generali indique ensuite vouloir déployer des fonds en euros similaires auprès d’autres partenaires Internet et fintechs.
Le point clé pour les courtiers, CGP, agents généraux et partenaires bancaires tient à la suite annoncée : Generali prévoit aussi de lancer dans les prochains mois d’autres fonds en euros similaires auprès de ses agents généraux, de son réseau salarié, de partenaires CGP, de courtiers et de banques. Le sujet dépasse donc le simple lancement produit : il interroge la manière dont l’argument durable va s’intégrer dans les parcours de conseil.
Pourquoi c’est un signal pour le marché de l’assurance-vie
Depuis plusieurs années, les distributeurs d’assurance-vie doivent composer avec une demande de sécurité, de rendement lisible et de sens donné à l’épargne. Le fonds en euros conserve un rôle de repère dans les allocations patrimoniales, mais il est de plus en plus comparé à l’aune de ses frais, de son rendement, de sa disponibilité et de ses engagements extra-financiers.
Pour les professionnels, Vertessima illustre une évolution de discours : la finance durable n’est plus seulement portée par des unités de compte thématiques ou des fonds actions. Elle se rapproche du cœur historique de l’assurance-vie, le fonds en euros, avec un langage plus facilement compréhensible pour les assurés : garantie, exclusions, transparence, horizon long.
Comparer avant de s’engager
Avant un choix d’assurance, de prévoyance ou de crédit, un échange permet de vérifier les garanties, les exclusions, les frais et l’adéquation au profil.
Impacts pour courtiers, CGP et distributeurs
Le lancement renforce trois enjeux opérationnels pour la distribution. D’abord, le devoir de pédagogie : expliquer ce qu’un fonds article 8 signifie réellement, sans le présenter comme une garantie d’impact absolu. Ensuite, la comparaison : un fonds en euros durable doit être analysé avec ses conditions de taux, ses frais, sa disponibilité, son assureur, son contrat support et ses règles de participation aux bénéfices. Enfin, la traçabilité du conseil : les préférences de durabilité du client doivent être recueillies et documentées avec rigueur.
La promesse commerciale peut être forte, mais elle impose une vigilance de conformité. Les intermédiaires devront éviter les raccourcis : exclusion des énergies fossiles, critères ESG et reporting ne signifient pas tous la même chose. Le bon angle de conseil consiste à replacer le fonds dans l’objectif global du client : sécurité, liquidité, horizon d’investissement, fiscalité de l’assurance-vie et diversification.
- Le rythme de déploiement auprès des courtiers, CGP, banques et réseaux d’agents.
- La lisibilité des reportings pour que les distributeurs puissent expliquer simplement les exclusions et les actifs financés.
- La comparaison avec les fonds euros classiques, notamment sur les frais, les conditions de rendement et la durée de détention.
- La réaction des autres assureurs-vie, qui pourraient accélérer leurs propres supports euros à dominante durable.